Partager l'article ! Rochefort : Elle peint des histoires avec des petits papiers :: Sur les conseils de Martine, voici un intéressant article paru le 8 décembre dans Su ...
Erika Bienabe rend hommage à Rochefort, ville qu'elle a adoptée. (PHOTO Kharinne Charov)
Voilà dix ans, lorsqu'Erika Bienabe est arrivée à Rochefort, « ça a été la douche froide ! » Elle avait 25 ans, venait de Nantes et quittait un poste dans les relations humaines pour suivre son mari, Marc Bienabe, antiquaire sur la place. Dix ans après, pourtant, celle qui est devenue mère de famille et qui s'est lancée dans la peinture ne quitterait sa ville d'adoption pour rien au monde. Elle lui consacre même une exposition en forme d'hommage.
C'est la deuxième fois qu'elle présente ses oeuvres, dans la boutique de son époux, au fond de laquelle elle a installé son atelier. Au beau milieu du mobilier XXe dans lequel la boutique Rampe Arts s'est spécialisée, les grands tableaux d'Erika Bienabe se remarquent !
Façon XVIIIe
« Quand je me suis lancée dans la peinture, voilà quatre ans, je faisais des patines de meubles. Spontanément, j'ai réalisé des ornements façon XVIIIe sur des
boiseries anciennes qui traînaient dans la boutique. Puis, j'ai eu l'idée de créer des trumeaux sur mesure, restant ainsi dans le XVIIIe », explique cette jolie brune qui aime redonner vie à des
objets qui ont une histoire.
Cette femme de goût, issue d'une famille d'artistes, y mettait tout son coeur; mais ses clients avaient du mal à associer le style XVIIIe à un intérieur d'aujourd'hui. « C'est une erreur, mais j'ai cherché un nouveau support. » Voilà comment est née l'exposition actuelle.
Vieux documents
Le support est on ne peut plus simple, il s'agit d'un medium en contreplaqué ! Mais rien n'y paraît plus, une fois qu'Erika Bienabe est passée par là ! Avec une
technique qui mêle marouflage et patine, elle utilise des copies de vieux documents : cartes, calligraphies, livres, lettres.
« Je les fais revivre en leur donnant un aspect ancien puisque je pars d'une vulgaire photocopie en noir et blanc ! », déclare l'artiste qui travaille l'or et la nacre. Bien sûr, ces papiers sont en lien avec le thème de l'homage qu'Erika Bienabe rend à Rochefort.
« Je suis séduite par cette ville », déclare cette fille d'officier de marine marchande et ancienne cavalière.
L'histoire de la ville
Du coup, après de sérieuses recherches aux archives municipales, au musée Hèbre, au Service historique de la marine et dans des fonds privés, la peintre évoque l'Arsenal, les expéditions, l'école de dressage, la base de dirigeables, Loti, la botanique ou encore Vauban, les astres et l'Océanie. « C'est Rochefort à travers ma lorgnette », raconte Erika Bienabe qui, malgré le sérieux de ses sources, a interprété cette hommage, comme seul un artiste peut le faire.
Quand elle ne rend pas hommage à sa ville, elle réalise des tableaux de famille selon la même technique. Et lorsqu'elle n'a pas un pinceau en main, elle conçoit des décorations de réception. « Mon parcours d'autodidacte me fait évoluer librement, sans barrière. »
Hommage à Rochefort,
à voir jusqu'au lundi 14 décembre,
16, rue Audry-de-Puyravault.
Tél. 06 33 59 86 14.
Auteur : Kharinne Charov pour Sud-Ouest , mardi 8 décembre
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